Article//Sortie cinéma : Sur la planche

publié par kandida le 12/02/2012 | mis à jour le 15/02/2012 | retour à la liste Article
sur la planche

Les révolutions arabes ne se sont pas faites en un printemps, elles ont été initiées par la génération de Badia, Imane, Asma et Nawal, quatre jeunes citadines dont on suit les errances et les pérégrinations en plein cœur de Tanger.

Les révolutions arabes ne se sont pas faites en un printemps, elles ont été initiées par la génération de Badia, Imane, Asma et Nawal, quatre jeunes citadines dont on suit les errances et les pérégrinations en plein cœur de Tanger.
Le jour, elles travaillent. Elles sont ouvrières mal payées et mal logées. La nuit, elles courent, elles dansent, elles vivent. Elles font les poches de ceux qu’elles croisent et vident les maisons qui les accueillent un peu. Elles se débrouillent, survivent, avec l’énergie du désespoir. Celle qui ignore la peur parce que le danger la nourrit.

Quatre bonnes raisons d’aller voir Sur la planche :

Sa réputation

Remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes 2011, Sur la planche a aussi été nominé à onze reprises dans plusieurs festivals. Une chose est sure, il ne faut pas passer à coté.

Sa réalisatrice

Leila Kilani et née à Casablanca en 1970, mais elle vit aujourd'hui entre Paris et Tanger. Journaliste, elle s'oriente vers le documentaire en 1999 avec des films très remarqués (Tanger le rêve des Brûleurs, Nos lieux interdits) avant de réaliser "Sur la planche", son 1er long métrage de fiction. Le monde.fr l’a rencontré en janvier dernier : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/01/31/leila-kilani-j-etais-une-litteraire-je-sacralisais-l-ecrit-mais-pas-l-image_1636876_3476.html

Cet entretien révèle la femme engagée qu’elle a toujours été, celle pour qui l’art est éminemment politique et qui, à travers ses écrits, ses documentaires et ce film, cherche à donner la parole à cette jeunesse tangérienne en mal d’avenir.

Son style

Est-ce l’histoire brute de ces 4 jeunes filles ? Est-ce parce que la réalisatrice s’est illustrée dans le documentaire ? Je ne sais pas, mais ce qui frappe en premier, c’est le style.

Haché, nerveux, trop rapide et dérangeant parfois, … il semble toujours au plus près des êtres et des choses, au contact même de la peau des protagonistes, mais sans jamais rentré au cœur des choses. Il n’analyse pas, n’explique rien, mais constate et témoigne. Il fait de ce film un véritable ovni, qu’on ne comprend pas vraiment, mais qui vous happe pour ne vous lâcher que bien après la sortie de la salle. Un ovni, assurément.

Son actrice principale

Faut-il l’appeler comme ça ? Soufia Issami est elle vraiment une actrice ? Parce que rien n’en elle ne ressemble à un jeu. On ne sent aucune technique, juste de l’instinct. Envoutante et incommodante en même temps, elle incarne son personnage et l’histoire toute entière.
Comme ces 3 autres partenaires, elle a été castée sur internet, Facebook ou en répondant à des flyers. Aucune d’entre elle n’est comédienne, aucune d’entre elle n’a suivie de formation. Ces actrices sont à l’image des personnages, brutes !

En conclusion, je ne sais pas si vous aimerez le film, je ne sais pas moi-même si je l’ai aimé, mais je l’ai vu et le reverrais encore, car oui, il m’a questionné. Il m’a touché. Sur la planche est une œuvre hors catégories, totalement inclassable et donc inratable !

Pour connaitre les prochaines séances : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193030.html

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